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Urgence Mali: Gao s'enfonce dans la crise

25.01.2013
© ACF, Lucile Grosjean, Gao - Mali
Mali
Début de la mission : 1996
Equipe: 59 personnes
Détail de la mission

Depuis le début de l’intervention armée et des bombardements de la région de Gao, la situation alimentaire des populations locales, déjà précaire, s’est considérablement détériorée.

Depuis le début de l’intervention armée et des bombardements de la région de Gao, la situation alimentaire des populations locales, déjà précaire, s’est considérablement détériorée. Selon les équipes d’Action contre la Faim (ACF) sur place : « toutes les activités économiques ont été affectées ces derniers mois par la situation. Aujourd’hui les habitants sont essentiellement dans la survie. »

Les équipes d’ACF sont aujourd’hui extrêmement inquiètes face aux problèmes d’accès au Nord Mali en termes d’aide humanitaire et d’approvisionnement en produits de première nécessité. Accès qui risque encore de se réduire à l’approche d’une intervention armée venant du Niger.

Un approvisionnement des marchés de plus en plus restreint

La région de Gao se retrouve très isolée du fait du blocage de l’axe commercial principal  Mopti - Gao suite aux affrontements et de la fermeture de la frontière entre l’Algérie et le Mali. Les flux de marchandises (dont de nombreuses denrées alimentaires) à destination du Nord Mali dont la ville de Gao en sont considérablement limités.

Seul le fleuve et les axes routiers entre Gao et le Niger permettent encore d’assurer le ravitaillement de la région.  ACF redoute fortement qu’une intervention armée terrestre planifiée depuis le Niger coupe ainsi la dernière voie d’accès et l’approvisionnement en produits de première nécessité (aliments et médicaments).

Une  diminution des stocks de vivres disponibles 

La majorité des grands commerçants Arabes et Touarègues de Gao ont délocalisé leur marchandise vers les communes et villages situées en dehors des villes par mesure de précaution. Les ¾ des boutiques sont aujourd’hui fermées dans la ville de Gao tandis que la majorité des marchés sont désertés par des éleveurs qui ont préféré déplacer leurs troupeaux loin des villes afin de limiter les risques de vol de bétail. La fermeture des magasins et des marchés se justifie également par la baisse de fréquentation des commerçants ou des acheteurs qui ont peur de se déplacer. « Les dernières récoltes ont eu lieu il y a un mois, mais cela se voit à l’œil nu qu’elles sont insuffisantes : la région de Gao est habituellement déficitaire en termes de production agricole, mais du fait de la crise, les agriculteurs ont moins semé, et n’ont pas pu bénéficier de l’appui technique qu’elles ont normalement » explique les équipes d’Action contre la Faim à Gao.

Hausse des prix et spéculation sur les produits de première nécessité

La tendance dans les villes dont celle de Gao est à la constitution de réserves pour les ménages (dont les capacités le permettent), ce qui contribue à épuiser les stocks alimentaires plus rapidement que prévu.

Par ailleurs, on assiste à de la spéculation de la part de certains commerçants qui ont tendance à acheter d’importantes quantités de céréales déséquilibrant ainsi des marchés fragilisés par la conjoncture. Le prix du kilo de mil est ainsi passé de 275 FCFA à 380FCA, soit 38% d’augmentation ; le kilo de riz a augmenté de 31% ; l’huile de 25% et le carburant de 66%. Les prix des denrées étaient d’ores et déjà inatteignables pour les personnes les plus vulnérables subissant les effets de la crise depuis 9 mois.

Manque flagrant de liquidités

Le blocus des principales voies d’accès vers Gao ne permet plus d’approvisionner en liquidité une zone dont le système bancaire ne fonctionne plus depuis avril 2012. Les négociants ou grands commerçants qui assuraient jusqu’à présent le transport du cash ne peuvent plus circuler ce qui risque de se répercuter notamment sur les stratégies de survie de certaines familles qui dépendent des transferts d’argent de membres de leurs familles ayant migré hors de Gao. « Avec le manque de liquidités et la pauvreté croissante, un véritable système D s’est mis en place : des gens qui étaient auparavant mécanicien, plombier ou autres passent de maison en maison pour proposer n’importe quel petit boulot contre une ration de riz » racontent les équipes d’ACF.

Incertitude du contexte sécuritaire et accès humanitaire extrêmement réduit

La peur de nouveaux incidents et l’absence de réseau de télécommunication dans la région de Gao se traduisent par la forte baisse de fréquentation des structures de santé et l’isolement croissant des populations vivant en zones rurales. Si les mouvements de population sont pour le moment assez réduits, de nombreuses familles arabes et touarègues ont préféré fuir vers le Nord ou en direction de l’Algérie par crainte d’amalgame avec les groupes rebelles ou de règlement de compte arbitraire.

Les principaux acteurs humanitaires sont contraints d’adapter leurs stratégies d’intervention au contexte sécuritaire concentrant leurs actions dans les villes principales de la région (Ansongo, Bourem, Gao, Ménaka), attendant d’avoir suffisamment de garanties sécuritaires avant de reprendre des déplacements pour des zones plus éloignées.

Les équipes d’Action contre la Faim ont pu faire passer cette semaine à partir du Niger des stocks de pastilles de purification d’eau en cas de dégradation de l’accès à l’eau potable. De même, l’organisation poursuit ces activités de traitement de la malnutrition dans la région et dispose encore de stocks importants de produits nutritionnels, nécessaire au traitement. Mais ACF renouvelle son inquiétude d’une fermeture de l’axe Gao-Niamey qui bloquerait la seule voie de passage de l’aide humanitaire.

ACF est également extrêmement préoccupée des risques liés à une intervention terrestre et à une absence de contrôle dans les villes en termes de pillage, de banditisme, de règlement de comptes, de massacre de bétail… qui participeraient encore à enfoncer durablement cette région dans la crise.

Nos vidéos à diffuser librement par la presse sur ce sujet :

http://www.newscastwire.com/fr/org/ACF?event=433

 

Contacts presse 

 ou Julia Belusa 01.43.35.82.22    jbelusa@actioncontrelafaim.org

Urgences et jours fériés : 06 70 01 58 43

  • à Bamako : Lucile Grosjean, joignable au +33 6 74 69 59 64 ou +223 7854 0691

lgrosjean@actioncontrelafaim.org

 

Action contre la Faim (ACF) est une Organisation Non Gouvernementale internationale de lutte contre la faim dans le monde. Privée, apolitique, non-confessionnelle et non-lucrative, Action contre la Faim agit dans le monde entier tout en respectant et défendant ses principes : indépendance, neutralité, non-discrimination, accès libre et direct aux victimes, professionnalisme et transparence. La mission d’ACF est de sauver des vies en éliminant la faim par la prévention, la détection et le traitement de la malnutrition, en particulier pendant et après les situations d’urgence liées aux conflits ou aux catastrophes naturelles.

ACF intervient depuis 1996 au Mali et aujourd’hui dans 4 zones : celle de Gao, de Kita (région des Kayes), du Banamba (Koulikouro) et de Bamako (commune VI) à travers des programmes de prise en charge de la malnutrition, de soutiens aux pratiques de soins, de réponse en urgence aux crises alimentaires et d’amélioration de la sécurité alimentaire des familles les plus vulnérables. 220 000 personnes ont bénéficié des programmes d’ACF au Mali en 2011.

Pour en savoir plus : http://www.actioncontrelafaim.org/fr/content/mali

 

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