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"Une fois repéré, l’enfant malnutri est enregistré et soigné" témoigne Khalidou N'Gaïdé

29.08.2012
Recit de mission
Mauritanie
Début de la mission : 2007
Equipe: 64 personnes
Détail de la mission
Sa blouse blanche réverbère intensément la lumière aveuglante du soleil à cette heure de la journée. Le sourire naturel aux lèvres, il ouvre les portes du centre.

 

"Nous faisons du dépistage actif ici. Une fois repéré, l’enfant malnutri est enregistré et soigné. Un bulletin d’informations est ensuite envoyé au CRENAM" explique l’infirmier-chef du centre de santé de la commune de Wompou. Indéniablement selon lui, chiffres à l’appui, le taux de prévalence des enfants malnutris a baissé, de même que celui des maladies liées à l’hygiène et à l’eau.

 
"Nous sommes l’épicentre médical de la commune. Nous recevons les malades des localités environnantes et leur fournissons des soins gratuits, le médecin-chef, l’accoucheuse et moi" précise Khalidou N’Gaïdé. C’est tout un système médical qui a été mis en place donc, à Wompou, où ACF-Espagne appuie, forme en permanence, le personnel médical pour permettre un accès immédiat aux soins, pour les enfants malnutris de la zone.
 
Dans la commune de Wompou au Guidimakha, à Taboutala, un village peul, Khadiata Samba Diallo tient dans ses bras son enfant de trois ans, Hapsatou. Cette enfant est malnutrie modérée aujourd’hui, mais il y a trois mois était dans des conditions sanitaires graves. "Elle était tellement maigre. J’en pleurais chaque jour" affirme visiblement émue Kadiata Samba Diallo. 
 
"Son rapport taille/poids était inférieur à 65%. Après qu’elle ait bénéficié d’un suivi constant durant cette période, il est passé à 85%. Elle va beaucoup mieux"
 
 
raconte Moussa Coulibaly, un des responsables du programme "Eau/hygiène assainissement" d’ACF-Espagne à Sélibaby.
 
"Hapsatou a bénéficié durant six mois du programme nutritionnel du CRENAM du village qui consiste en un régime à base de chocolat et de compléments nutritifs" explique Amadou Demba Diallo, président du CRENAM à Taboutala. Une fois sorti du CRENAS, le centre de traitement d’urgence, l’enfant est admis au CRENAM de sa localité où il est suivi durant quatre mois, pour constater ou non la stabilisation de son poids.
 
Le cas de Hapsatou est loin d’être isolé dans la wilaya du Guidimakha. Sur les quinze sites suivis par ACF, le taux de prévalence de la malnutrition globale est de 18%, un taux qui dépasse le seuil d’urgence de 15%. Les différents projets financés depuis 2009 par le bailleur de fonds ECHO (on en est au troisième cette année) luttent contre la morbidité et la mortalité des enfants de moins de cinq ans. "Le programme ECHO phase 3 nous a permis de passer à ces quinze communes. A la fin de mars 2012, on a pu dépister 14 242 cas" affirme Mamadou Amadou Bane, superviseur Nutrition à ACF-E Sélibaby. 
 
La situation de crise alimentaire en plein coeur de la période de soudure, qui touche les pays du Sahel dont la Mauritanie, a obligé ACF-Espagne à accompagner la mise en place d’un deuxième projet financé par l’agence espagnole de coopération et de développement. "Les enfants malnutris de façon aigue de six à 24 mois, en cette période de soudure sont les premières victimes en cas de crise alimentaire. Afin de prévenir ce risque, ACF-Espagne a décidé de mettre en place un programme de prévention. Ce sont plus de 3100 enfants qui sont ciblés par ce projet "Blanket feeding" qui consiste à distribuer des aliments de supplémentation à tous les enfants de la région âgé entre 6 et 24 mois. "Grâce à ce projet, ACF-Espagne suit à ce jour plus de 230 enfants malnutris sévères dans trois communes", affirme Maï Souleymane, coordinateur urgence ACF-E à Sélibaby,
 
Si les choses vont un peu mieux, grâce aux actions des ONG internationales, en synergie avec celles locales, les choses sont loin d’être acceptables. 
 
"Certes, le taux de prévalence des enfants dépistés malnutris sévère a baissé, mais les cas continuent d’affluer et nous ne sommes toujours pas équipés convenablement pour les traiter. Il y a un manque crucial de matériels de première nécessité, comme l’oxygène par exemple. Et les ONG, notamment ACF-E qui travaille avec nous, ne peuvent pas tout faire" témoigne Safietou Bâ, responsable du centre régional de nutrition infantile (CRENI).