autres sites dans le monde

 

Urgence

  • Suivez la réponse d’ACF face à la propagation du virus Ebola en Afrique de l’Ouest

Les femmes, oubliées du combat contre le changement climatique

30.11.2012
© Tine Frank, ACF USA - Soudan, 2010

Peu présentes dans les instances internationales, sous représentées dans les communautés locales, les femmes semblent bien être les oubliées de la lutte contre le changement climatique. Pourtant, au quotidien, ce sont elles qui sont en première ligne, d'une part car elles sont souvent les plus durement touchées en cas de catastrophes naturelles, et d'autre part parce qu'elles doivent adapter le fonctionnement  du foyer aux changements induits par les modifications du climat sur le long terme.

Où sont les femmes ?

Il y a deux ans à la Conférence de Cancùn sur le climat, les femmes représentaient 30% des participants aux délégations et seulement 15% des responsables de délégations1. Sous représentées dans les groupes de gouvernance environnementale, les femmes sont peu associées aux prises de décision sur l'adaptation aux changements climatiques, et ce que ce soit au niveau local, national ou international.

Les femmes durement touchées

Pourtant, en cas de catastrophes naturelles, les femmes sont particulièrement touchées : sur le coup, elles ont plus de risques d'être blessées ou tuées lors des catastrophes, en raison d'une mobilité limitée hors de la maison,  d'un manque d'informations2 et de la responsabilité d'enfants. Autre facteur de risque très concret en cas d'inondations ou de tsunamis : elles sont moins nombreuses que les hommes à avoir appris à nager ! Dans les semaines ou mois qui suivent une catastrophe naturelle, mais aussi en raison des effets de la dégradation graduelle de l'environnement à plus long terme, les filles sont souvent retirées de l'école afin de répondre aux besoins de la famille.

Les changements environnementaux affectent aussi le quotidien de femmes souvent très mobilisées par la quête et la production des ressources nécessaires au foyer (corvées d'eau ou ramassage de bois de chauffe par exemple), ce qui limite d'autant leur capacité à s'investir dans des activités génératrices de revenus permettant d'améliorer leurs ressources économiques comme leur statut social. Enfin, pendant les périodes d'insécurité alimentaire (suite à une période de sécheresse par exemple), les femmes enceintes et allaitantes sont particulièrement affectées, ayant un risque accru de devenir sous-nutries lorsqu'elles ont une alimentation insuffisante ou déséquilibrée.

 Les femmes, porteuses de réponses aux changements climatiques

 Dans la plupart des pays en voie de développement les agricultrices cultivent entre 60 et 80% de la production globale de nourriture. En Afrique en particulier, 70% des travailleurs agricoles sont des femmes, celles-ci assurant également les récoltes, le stockage, le transport et la commercialisation de la nourriture3. Elles sont donc particulièrement affectées par le changement climatique qui affecte la production. Pourtant, elles font face à des barrières légales ou sociales qui limitent leur accès au savoir, à la technologie, mais aussi au capital, au système financier, et donc leur capacité à améliorer la productivité en tenant compte de ces facteurs. Les femmes peuvent et doivent jouer un rôle essentiel dans l'élaboration et la mise en place de stratégies d'adaptation au changement climatique, notamment dans le secteur agricole.

 

Une approche cloisonnée

 

Les problématiques liées à l'adaptation au changement climatique, à la santé, à la place des femmes, à la nutrition et à la sécurité alimentaire continuent à être abordées de façon trop cloisonnée. La réponse aux enjeux climatiques doit passer par une démarche globale, prenant en compte l'égalité des sexes, l'accès à l'éducation, la réduction de la pauvreté, la lutte contre la sous-nutrition4. Autant de domaines liés, dans lesquels les femmes n'ont pu, jusqu'à présent, occuper leur juste place au sein de communautés locales, nationales et internationales, dans le but de mettre en œuvre des solutions nouvelles aux enjeux environnementaux.

 

Accorder une place réelle aux femmes est pourtant non seulement un souci d'équité et de justice mais aussi le principal moyen d'obtenir des communautés saines, solides dans un environnement changeant.

Ce texte est inspiré d’un rapport plus conséquent écrit en collaboration par le Center for Public Health and Climate Change, le PAM (Frogramme alimentaire Mondial), le  Comité permanent sur la nutrition de l'ONU et ACF. Pour lire l’intégralité du rapport: 

http://www.actioncontrelafaim.org/sites/default/files/articles/fichier/2-bd_print_paper_enhancing_womens_leadership2.pdf

CONTACTS PRESSE :

Christina Lionnet  01.43.35.82.37 @chrislionnet  clionnet@actioncontrelafaim.org

Julia Belusa 01.43.35.82.22  @JuliaBelusa  jbelusa@actioncontrelafaim.org

Urgences et jours fériés : 06 70 01 58 43

 1Otzelberger A. (2011). Gender-responsive strategies on climate change: recent progress and ways forward for donors. United Kingdom: Institute for Development Studies

2 Women's Environment and Development Organization, ABANTU for Development in Ghana, ActionAid Bangladesh and ENDA in Senegal (2008). Gender, Climate Change, and Human Security: Lessons from Bangladesh, Ghana and Senegal. Accessed online at, http://www.gdnonline.org/resources/WEDO_Gender_CC_Human_Security.pdf, on November 2011.

3 Lambrou, Y. and Nelson, S. (2010). Farmers in a changing climate - Does gender matter? Rome: Food and Agricultural Organization of the United Nations (FAO).

4 Food and Agricultural Organization (2011). "Climate-Smart" Agriculture Policies, Practices and Financing for food Security, Adaptation and Mitigation. Accessed on line at: http://www.fao.org/docrep/013/i1881e/i1881e00.pdf, on November 2011

5 World Health Organization (2009). Protecting Health from Climate Change.

Télécharger le fichier :