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Urgence

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Comment faire de la réponse à l'urgence un premier pas vers le développement ?

22.02.2013
© Raphael de Bengy
Burkina Faso
Début de la mission : 2008
Equipe: 192 personnes
Détail de la mission

Comment faire en sorte que les interventions d’urgence humanitaire permettent, au-delà de la réponse aux besoins immédiats, la sécurité des populations sur le long terme ? Comment faire en sorte qu’elles renforcent la capacité des ménages à faire face aux chocs, ce que l’on appelle la « résilience » ? Illustration avec un programme mené au Burkina Faso  par ACF soutenu par ECHO, alliant transferts monétaires, aménagement de bas-fonds rizicoles et accès au foncier.

Au Burkina Faso, en dehors de tout contexte de crise, plus de la moitié de la population de la Région de l’Est vit en dessous du seuil de pauvreté ; les taux de malnutrition des enfants de moins de 5 ans sont parmi les plus élevés du pays : plus de 10% d’entre eux sont touchés par la malnutrition aiguë et plus de 40% par la malnutrition chronique.  En 2011, les poches de sécheresses enregistrées lors de la campagne agricole ont provoqué une baisse de la production céréalière ; ceci a  constitué un choc majeur pour les ménages pauvres et très pauvres chroniquement en situation de déficit. Dès les premiers signes de crise, fin 2011, ECHO a débloqué des fonds pour des programmes de mitigation, suivi en 2012 de financement de réponse à la crise.

Dans la Province de la Tapoa, une expérience intéressante a été développée. Les financements ECHO  ont été utilisés afin de combiner :

l’aide immédiate aux ménages confrontés à une situation d’insécurité alimentaire sévère et une amélioration à moyen long terme de leur résilience face aux chocs.

Ainsi, plus de 900 ménages ont participé début 2012 dans des activités de Cash for Work (argent contre travail) ; ils ont pris part aux aménagements de 10 bas-fonds (près de 100 ha) ; ces terres, une fois aménagées permettent la production de riz pluvial avec des rendements intéressants (jusqu’à 4-5 tonnes à l’hectare). En échange de son travail, chaque ménage a reçu un transfert monétaire qui a été massivement utilisé pour assurer les besoins alimentaires de base pendant une période allant de 2 à 4 mois.

Dans ce cadre, les financements ECHO ont permis à ACF de porter assistance à 40000 personnes dans la région.

 

Assurer un accès à la terre

En amont, ACF a conduit avec les services techniques de l’agriculture et les services des communes concernées des négociations foncières avec les propriétaires des bas-fonds. Objectif : faire en sorte que les agriculteurs aient un accès pérenne à la terre. A l’issue des négociations, ceux-ci se sont engagés à céder aux ménages pauvres et très pauvres participant aux travaux une parcelle aménagée d’environ 500 m2. Dans la Tapoa,  le programme ECHO a permis à des ménages pauvres et très pauvres d’accéder à ces terres fertiles.   Dès la campagne agricole 2012, ces ménages ont pu mettre en valeur leur parcelle et réalisé en décembre 2012 leur première récolte de riz.

A travers cette opération, l’aide d’urgence a répondu au besoin immédiat des ménages pauvres et très pauvres mais aussi contribué à renforcer leur résilience à l’insécurité alimentaire et à leur réinsertion dans un circuit productif.

Aujourd’hui, l’enjeu consiste à pérenniser les acquis ; l’accompagnement des ménages est nécessaire pour permettre de « transformer l’essai » et assurer une mise en valeur durable des aménagements ; des fonds de développement ont pris le relais d’urgence dès janvier 2013 : un programme EuropeAid permet à ACF en partenariat avec les services provinciaux de l’agriculture d’assurer pendant 24 mois l’accompagnement technique et organisationnel des exploitants des bas-fonds mais également de développer autour de l’aménagement de nouvelles activités génératrices de revenus comme l’étuvage du riz dont les femmes seront les premières bénéficiaires !