19 Novembre, Journée mondiale des Toilettes : Insolite mais fondamentale
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19 Novembre, Journée mondiale des Toilettes : Insolite mais fondamentale

15.11.2013

Les ONG l’avaient décrétée, l’ONU l’a votée. Cet été, le 19 novembre a été très officiellement sacré « Journée Mondiale des Toilettes ». Derrière la date, un chiffre : aujourd’hui encore, 2.5 milliards de personnes n’ont pas accès à un système d’assainissement de base, avec des conséquences désastreuse sur la santé, particulièrement chez les femmes et les enfants et ainsi que l’environnement. Avec un nom pareil, on culpabiliserait presque de sourire. Pourtant, si ce désastre de santé publique a bien une force c’est son côté insolite : parce qu’il fait parler et qu’il fait réfléchir. Alors pour nourrir la rubrique insolite, quelques infos qui sortent du lot.

Focus Philippines 

 

Les destructions terribles du typhon Haiyan Villes dévastées, système d'assainissement détruit, en cette Journée Mondiale des Toilettes 2014, comment ne pas penser aux victimes du typhon aux Philippines dont la première priorité est de trouver de l'eau potable et d'éviter la propagation d'épidémies. Pour eux, comme pour toutes les victimes de catastrophes, l'assainissement est une priorité. Question de santé, question de dignité !

 

Les toilettes, ce trône inaccessible 

 

Parce que 2.5 milliards d’habitants, soit près d’un tiers de l’humanité, n’ont pas accès à des installations sanitaires privées, saines et propres, les toilettes sont aujourd’hui un véritable privilège. Concrètement, un milliard de personnes sont contraintes de déféquer à l’air libre (en brousse, le long des routes ou des voies de chemin de fer, dans la rue des villes et des bidonvilles) et un milliard et demie dans des installations pas aux normes et dangereuses pour l’environnement… Au-delà de la latrine, c’est aussi tout un système d’assainissement qui manque cruellement : pas de gestion, ni d’évacuation et ni de traitement des rejets domestiques comme les déchets ou les eaux usées. Pourtant les toilettes ne sont pas un luxe. Bien au contraire. L’assainissement est non seulement le moyen le plus efficace pour lutter contre les maladies diarrhéiques mais il permet aussi des économies d’échelle. 1$ investi dans des toilettes, c’est au moins 5$ d’économies de santé pour un foyer (moins d’achats de médicaments, plus de présence à l’école et au travail).

 

Les toilettes, une médecine préventive 

 

En réduisant considérablement les cas de diarrhées, (choléra, typhoïdes, hépatite, infections parasitaires) et en prévenant d’autres maladies, l’assainissement sauve des vies. La malnutrition par exemple n’est pas seulement causée par les pénuries alimentaires : dans 50% des cas, les diarrhées sont un facteur déclenchant.

Toutes les mamans l’ont constaté : un bébé qui souffre de diarrhée chronique perd l’appétit et évacue les éléments nutritifs des aliments. Dans un contexte d’absence de prise en charge médicale, un tel épisode peut rapidement dégénérer en malnutrition et son issue être fatale. L’assainissement et l’eau potable peuvent sauver près de 3000 enfants de moins de 5 ans par jour !

 

Des cultures, un bidet

 

Action contre la Faim agit dans plus de 35 pays pour mettre en place des installations sanitaires adaptées au contexte. Dans ces programmes, la dimension culturelle est particulièrement déterminante : il faut adapter le projet en fonction des tabous et valeurs locales. Bien souvent, l’enjeu de santé n’est pas l’argument le plus efficace pour convaincre une population de développer son accès à l’assainissement. Le gain en sécurité, en prestige ou en dignité est parfois plus attractif pour la population que le gain en termes de santé. Les techniques commerciales sont alors utilisées pour promouvoir la diffusion de l’assainissement à grande échelle : c’est le « marketing social », une technique utilisée par exemple par Action contre la Faim à Oulan-Bator (Mongolie) pour diffuser l’utilisation de latrines écologiques chez les habitants des zones défavorisées.

 

Les toilettes, Droit de l’homme et de la femme

 

Lorsque les latrines manquent, chacun doit s’organiser comme il peut. Certains vont attendre l’obscurité de la nuit pour se soulager plus discrètement, dans les zones en plein air « réservées » à cet effet. Pour les femmes, atteindre ces lieux parfois distants et isolés c’est aussi s’exposer aux risques d’abus sexuels. Véritable arme pour l’égalité des sexes, les toilettes favorisent l’intimité des femmes et limitent les violences auxquelles elles s’exposent. Au sein des écoles, avoir accès à des latrines propres et fermées permet aux jeunes adolescentes de continuer à suivre leurs cours – l’absence de sanitaire est un cause majeure d’absentéisme des jeunes filles : elles sont par exemple contraintes de s’absenter aux moments des premières règles.

 

Des toilettes écologiques !

 

Quand 90% des eaux usées sont évacuées vers les eaux de surface sans être traitées, les conséquences sont désastreuses pour les milieux aquatiques et la santé humaine. Les pollutions organiques (matières fécales en suspension dans l’eau), chimiques (agricoles, industrielles) ou les résidus médicamenteux nuisent gravement à la qualité des eaux et des écosystèmes. Le traitement et la collecte des déchets humains protègent les sources d’eau potable en réduisant notamment la pollution des nappes phréatiques. Action contre la Faim met en place des systèmes de valorisation des déchets : c’est par exemple l’assainissement écologique, qui permet d’éliminer les déchets et de produire du compost utilisé pour le jardinage. Autre exemple, le biogaz issu de la décomposition des excréments et des déchets organiques constitue une énergie renouvelable utilisée pour la cuisine ou l’éclairage qui permet de faire des économies et également de réduire les émissions de Co2.

 

Le 19 novembre peut bien faire sourire, tant qu’il fait parler de lui.

 

Interviews, images et vidéos disponibles.

Contacts presse :

Mathilde Vu - Chargée de Communication - communication@actioncontrelafaim.org

Tél. : 01.43.35.80.55 / 06.19.57.55.33

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