Les recommandations
Mettre la malnutrition au sommet des priorités mondiales
- Des promesses aux actes ?
- Le Partenariat Mondial pour l’Alimentation et l’Agriculture
- Les recommandations d’ACF
Des promesses aux actes ?
A l’automne 2008, l’élan pour faire face aux conséquences de la crise semble loin et les multiples promesses faites au moment des émeutes de la faim en avril dernier pour tenter d’enrayer un système précipitant des millions de personnes dans l’insécurité alimentaire ne se sont pas concrétisées. Plus de 6,5 milliards de dollars de promesses de dons avaient été faites et de con côté, Nicolas Sarkozy appelait à « une stratégie ambitieuse d’aide à l’agriculture » et lançait la nécessaire création « d’un partenariat mondial pour l’alimentation et l’agriculture ».
Les chiffres publiés par la FAO en septembre 2008 montrent une augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim de 75 millions en 2007. Où en est-on aujourd’hui ?
Création d’un Partenariat Mondial pour l’Alimentation et l’Agriculture
Au lendemain des émeutes, la France crée le GISA (Groupement Interministériel sur la Sécurité Alimentaire), une « task force » rassemblant des représentants des ministères mais aussi des ONGs. ACF y propose notamment la création d’un Fonds Mondial de lutte contre la Malnutrition et la Faim qui permettrait de mobiliser des fonds additionnels pour mettre en œuvre des projets de lutte contre la malnutrition et restaurer l’autonomie alimentaire des populations les plus vulnérables. Cet appel a rapidement été soutenu par d’autres grands acteurs de la solidarité internationale sur le terrain et notamment Care International et GAIN (Global Alliance for Improved Nutrition).
Les travaux du GISA ont abouti à la naissance d’une initiative baptisée Partenariat Mondial pour l’alimentation et l’agriculture. Porté par la France et soutenu par la Grande Bretagne et l’Espagne, ce partenariat s’articulerait autour de 3 piliers :
- création d’une coordination internationale pour une sécurité alimentaire mondiale pour assurer une meilleure cohérence des politiques mondiales et des actions locales pour la sécurité alimentaire.
- Mise en place d’un Groupe International d’Experts sur la Sécurité Alimentaire (GIESA) pour mener et rassembler les expertises mondiales.
- Création d’un Fonds ou une « facilité » permettant de lever des fonds additionnels pour répondre à cette crise.
Les recommandations d’ACF
Ce Partenariat Mondial comprend de nombreuses innovations prometteuses pour faire face à la crise. Cependant, Action contre la Faim, Care France et Agrisud International pour en souligner certaines limites et dégagent des points de vigilance :
- La part accordée à l’enjeu vital de lutte contre la malnutrition est encore trop faible. Les initiatives en faveur du développement des agricultures locales sont essentielles pour répondre aux enjeux de cette crise alimentaire mais n’en oublions pas pour autant l’urgence qui tue aujourd’hui un enfant toutes les 5 secondes !
- Il est crucial que la société civile et les ONG soient représentées avec un poids suffisant.
- Le groupe d’experts, qui aurait notamment un rôle de sentinelle comme a pu le faire le GIEC sur les enjeux environnementaux, il est fondamental que cet organe soit le plus autonome possible et délié des agences existantes.
- La facilité permettant d’héberger les fonds additionnels doit être une entité distincte des Nations-unies pour faciliter l’apport de fonds nouveaux, notamment en provenance de fondations privées.
- Pour que ce Partenariat Mondial voie le jour, les Etats, les fondations et les entreprises doivent mettre des ressources financières sur la table maintenant !
- La France, qui s’est posée comme leader dans la résolution de cette crise, doit s’engager concrètement en s’engageant sur les 50 premiers millions qui feront boule de neige et permettront que cette Facilité voie le jour.
Pour faire reconnaître son analyse et ses recommandations, ACF lance une réelle campagne dont l’objectif est de plaider pour que la lutte contre la malnutrition soit réellement intégrée dans les dispositifs futurs mis en place pour répondre à la crise alimentaire mondiale. Ce point de vue sera défendu lors de nombreux rendez-vous nationaux et internationaux ( En savoir plus ).



